Houla !

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Coupables : Frederic Kroutchev, V V et C D.

PS : Last night, everything in our apartment was stolen and replaced with exact duplicates. When we mentioned this to our roommates, they said "do we know you?"
 

Caramba !


"Paques au scanner, Noel au cimetière"
Pierre Desproges


"Qui viole un oeuf aura du jaune sur la bite"
Jules Edouard Moustic

"Le sida ne nuit pas à la couche d'ozone" 
Anonyme

"Lêche moi tranquille"
Morgane B

"Alors, c'est ça, la galactée?"
Cat

"Il jouait avec ses marakechs..."
Cat

"Même un italien court moins vite que la balle d'un fusil"

"Vous aimez tout ce qui est bon ? Et bien c'est très mauvais"
Louis de Funes

"Quand j'entends trop Wagner, j'ai envie d'envahir la Pologne"
Woody Allen

"Premier senteur, premier peteur"
Anonyme

"Même pas mal !"
Anonyme

"C'est celui qui l'dit qui l'est"
Anonyme

"Sur la route, j'ai deux grands principes : prudence, prudence"
Le Chat

"Deux augures ne peuvent se rencontrer sans rire"
Ciceron

A propos d'un pigeon : "C'est moins intelligent qu'un dauphin, d'accord, mais ça vole"
Extrait de "Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages"

"Non seulement dieu n'existe pas, mais essayer de trouver un plombier le dimanche matin"
Woody Allen

"N'ayez pas peur"
Jean-Paul II (!!!)

"Roucoule toujours, j'ai l'aile endommagée"
Rita Aussborn

"Autant l'hiver éclate que l'hétéroclyte"
Eric et Ramzy

"L'ennemi est bête. Il croit que c'est nous, l'ennemi, alors que non, c'est lui"
Desproges.

"Un foie, deux reins, trois raisons d'utiliser la baïonette"
Desproges

"Marguerite Duras n'a pas écrit que des conneries, elle en a filmé, aussi"
Desproges

"Hirochima mon amour... Et pourquoi pas Auschwitz mon loulou?!"
Desproges

"Froid de novembre, cache ton membre"
Desproges

"Une de perdue, une de perdue"
Bigard

"Sale temps, les mouches pètent"
Mao Tsé-Tsé Tung (Desproges)

"Il ne faut pas confondre dérailleurs et des petits comiques"
Y Delporte

"Le courage, c'est d'être mort de trouille, mais de rester en selle"
(John Wayne)

"le peuple ne devrait pas craindre son gouvernement mais le gouvernement devrait craindre son peuple"
V

"L'amour est aveugle, il faut donc toucher"
[Proverbe brésilien]

"Selon les statistiques, il y a une personne sur cinq qui est déséquilibrée.
S'il y a 4 personnes autour de toi et qu'elles te semblent normales, c'est pas bon !"
JC Van Damme

"Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du Mal."
Robert Sheckley

"Pour faire le moins de mécontents possible, il faut toujours taper sur les mêmes"
Les Shadock

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Par frederic kroutchev
Jeudi 18 juin 2009
 

L'intestin grêle... Encore un organe bien belge, pense-t-on, qui drache et mouille abondamment !

Et non ! S'il grêle, c'est en privé, bien au chaud, au creux d'un de nos espaces intérieurs, ceux qu'on oublie tout le temps. A vrai dire, ceux auxquels on a pas trop envie de penser. Des années d'affiches pour la prévention du cancer de nos entrailles nous les ont fait les occulter, nier et finalement disparaitre de notre conscience.

Et jusqu'à un certain point, ça marche ! « La grêle, ça n'arrive qu'aux autres », « S'il grêle, c'est qu'il doit grêler », ou « j'vais t'en foutre, moi, une grêlée intestinale » sont autant de faux-fuyants, de leurres, persuadant l'homme du 21ème que ses viscères sont aussi jolis que son corps d'athlète, ou que son corps tout court.

Pourtant, si l'intestin grêle, en plus d'avoir ses raisons, c'est avec entrain.

Avec ses mètres et ses mètres de longueur, sa grêle se fait ondulation.

Ses torsades envoutantes provoquent des sons primaires, tout droits sortis d'un univers australien plein de didjeridus qui râlent et de crapeaux-buffles qui pètent.

Ses lovages ordonnés sont pour le poète autant que pour le compulsif de l'ordre une preuve de l'existence de dieu.

Sa serpentine attitude fascine le soldat américain éventré autant que le tortionnaire rigolo au bistouri.

Ses brusques sursauts nous enchantent ou nous font courir plus vite qu'à l'habitude dans ces lieux que l'on dit de commodité...

En bref, l'intestin, lorsqu'il grêle, ne suscite ni l'indifférence, ni l'immobilité.

Photo : Bob Intestin, Julie Pancréas et Marlène Foie, au symposium annuel des armes de destructions massives, La Grêle, USA.


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Par frederic kroutchev
Vendredi 12 juin 2009
 

Chausse-trappe : du latin chaudus (« chaudasse ») et « strappus » (« sur le strapontin ») ; litt., une dame au tempérament torride qui se tortille sur le strapontin. Ex : « chausse-trappe à l'opéra, bingo dans la loggia » (Hétéroclyte, "Le clitoris, ce bel inconnu", p.252, Wanfercée-Baulet, éd. Fontaine et Potiron).

Dans l'antiquité, c'est à dire aux temps de jadis il y a longtemps-longtemps, la chausse-trappe était très en vogue ; elle incarnait la femme libre et belle, se tortillant pour trouver une place confortable ; à ce sujet, on rapporte qu'actuellement, le confort des femmes, chausse-trappe ou pas, n'est pas parfait.

Avant l'antiquité, et là c'est il y a très-très-très longtemps-longtemps, bien avant le temps de jadis, la chausse-trappe avait mauvaise presse ; la résistance des matériaux, cette science neuve, n'avait pas encore permis la construction de strapontins solides et durables. Le tortillage de la dame mettait donc fort à mal ce dernier des derniers.

Et avant l'antiquité de l'antiquité, à l'age surnommé de pierre, la chausse-trappe était unanimement perçue comme une masochiste, assise seule sur son caillou pointu, la mine extatique et la pierre trempée...

Aujourd'hui, la chausse-trappe désigne une femme inaccessible et belle. Belle parce qu'elle est belle. Inaccessible par manque de place.

Il s'agit souvent d'une jolie retardataire qu'on case, qu'on compresse, qu'on insère au chausse-pied, le tout discrètement et avec dédain (le strapontin, c'est quand même qu'une place de dernière classe...)

Le mâle, observant tout sauf le solo violon de la judéo-palestinienne Fatima Goldblum, aperçoit la dame ; il ne sait pas encore qu'il s'agit là d'une chausse-trappe. Pour lui, seul et résolu à ne pas le rester, l'occasion est trop belle. Une femme seule et en retard, ça sent la célibataire qui veut se changer les idées, mais qui a oublié de mettre le réveil après ses 2 xanax. La névrose étant établie, les jeux, pour lui, sont fait.

C'est alors que son scénario, tout élaboré qu'il soit, part en vrille. La place manque et les techniques habituelles ne lui sont ici d'aucun secours ; du plus audacieux « il n'y a plus de place, pourrai-je partager votre siège si vaste ? » au timide « vous pouvez me garder mon portable tandis que je vais faire un tour aux toilettes ? ». Le mâle est alors en zone d'incertitude... Il n'a pas tout saisi, et s'en trouve mortifié.

Et en effet, cet étonné frustré ne comprend pas encore à à quel point son intuition est fondée, et donc que c'est pas ce coup-ci qu'il va couiner toute la nuit.

Cette dame, en effet, ne subit pas le strapontin, elle le choisi. Elle ne cherche pas à s'étendre nonchalamment, mais souhaite l'exiguïté. Que ce soit le fait de sa psychologie de base, ou lié à sa récente vision de « Dirty Dancing » (« mon espace de danse, ton espace de danse »), elle veut l'étroitesse, la cherche, la trouve.

Le mâle éprouve alors une nauséeuse ivresse, sent le sol se dérober sous ses pieds, et découvre qu'à la place de son siège spacieux, un trou noir est apparu.

Il va tomber, il tombe, la chausse-trappe a encore gagné.

Photo : Chausse, Trappe et Bobette, en pleine répétition d'un opéra comique ("La Casse-noisette"). Avec l'aimable autorisation de l'orchestre philarmonique de Bamako.


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Par frederic kroutchev
Samedi 6 juin 2009
 

Maman est folle...

Hier, elle a braqué le boulanger, armée d'une baguette et d'une bouteille de Jupiler . Elle a crié un aigu « tous à terre, ou j'terrorise » et s'est placée en position kung-fu.

Au début, on l'a pas trop cru ; vêtue de son peignoir en flanelle rose et chaussée de ses pantoufles lâches, elle n'impressionnait guère. Sa chevelure châtain grisonnante échevelée, pour pas dire total explosée, n'était pas plus convaincante.

C'est là que les choses se sont compliquées ; furieuse de ne pas être prise au sérieux, elle a fracassé le chignon de madame Germaine (la femme d'Albert, le passionné de la chaise solide) à grands coups de baguette, baguette en lambeaux dès le 3ème gros « pan dans le chignon ».

Faute de baguette décente, l'agression s'est arrêtée. Un silence respectueux s'est alors installé. C'étaient, selon les témoin, un instant quasi religieux...

Le cerveau du boulanger, jusque là en forme de bouche bée, s'est lentement remis en marche. Et c'est sans surprise qu'il a prononcé la phrase-type de ce genre d'évènements rarissimes : un « Non mais ça va pas ma ptite dame !» offusqué et méprisant, suivi d'un tour des regards des autres clients, en quête d'approbation...

Re-furieuse, maman, plus en pétard que jamais, a lancé à la tête de l'indigné la bouteille de jup'.

Elle a frôlé le bonnet blanc, genre « ici, c'est de l'artisanal ! », et s'est écrasée dans un splash décevant sur un tout beau pain au levain.

C'est à ce moment que je suis entré dans la boulangerie, ignorant tout de ce braquage surréaliste...

Les yeux fous, maman m'a fixé. Son regard était méfiant, elle semblait ne pas me reconnaitre...

Timidement, j'ai dis « maman...?! ». Des larmes sont alors apparues, coulant lentement sur son visage encore beau.

Je me suis approché d'elle. Elle n'a pas bougé.
Délicatement, je lui ai pris la main. Cette main que j'avais connue douce et lisse, fouillant mes cheveux longs d'enfant, était tâchée par l'age, ridée de toute l'histoire du monde, façon parchemin mystérieux.

La voix chevrotante et un peu inquiète, elle a prononcé mon prénom :  « Frédéric... ».

Elle a dégagé sa main de la mienne et m'a enlacé tendrement. Son regard n'était plus fou, les larmes avaient cessés. Et c'est dans un chuchotement plein de malice qu'elle m'a glissé à l'oreille : « allez, dansons sur les pains au chocolat ».

 

Photo : David Carradine, maman et Germaine, en pleine discussion sur le prix de la baguette (Place Tian'anmen, Chine, lors du congrès international de la sculpture en papier mâché, agence « Yes we can »)

 


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Par frederic kroutchev
Mardi 26 mai 2009
 

La vipère vitupère.

La vipère, c'est Madeleine, 12ème et bonne dernière d'une fratrie comptant 11 garçons, tous de merde.

Tout jeunes, morveux terreurs du quartier, des chats, chiens et humains à portée de main, de cutter, de catapulte ou de crachats.

Adolescents, redoutés pour leurs blagues dignes d'un monsieur zygo pervers et camé à la colle hillarico-sadique.

Jeunes hommes, craints en solo comme en bande pour leurs passages aussi dévastateurs que brefs et bruyants.

Ils possédaient aussi une créativité sans égale dans la fabrication d'un dico nouveau genre, celui des mots qui tuent, qui puent, qui suent le sexe et le sang, qui exsudent le chien éventré lentement et la Marie douce ou couche-toi-là qui ne rentre chez elle que pour panser ses plaies, vomir et s'appliquer massivement et tout doucement un onguent réparateur de muqueuses en tout genre...

Du plus petit au plus grand, tous étaient maitres du tordu décalé, du néologisme assassin et d'un exhibitionnisme aussi puissant que leur manque d'hygiène.

Ils n'avaient pour parents que des alcolos rabougris et plissés par la mauvaise bière qui fait pisser et se passionner pour le télévie d'RTL.

Toutes libertés leur étaient laissées, voire encouragées, à la seule condition qu'ils ne dévastent pas le bistrot familial ; c'était le QG parental matinal et tardif, point de départ et terminus des comas ronflants et baveux du nez comme de la bouche, épaule contre épaule, totale solidarité!

Madeleine, toute jeune, ne manquait jamais de fermer la porte de sa chambre à clé, de la renforcer avec une chaise, défit que ses frérots ne manquaient que rarement de relever. Ils défonçaient, cassaient tout et lui proposaient un dépucelage précoce à 11 sexes, pour le seul plaisir d'entendre la môme pousser son cri qui tue et voir ses larmes noircir ce visage déjà gris...

A 15 ans, elle était partie de la caverne, surnom mignon d'une bâtisse sans rideaux, aux carreaux souvent brisés et remplacés par un carton mal dimensionné. Elle était lasse de ce terrier à meute de guerre, fatiguée de cette odeur de bière tiède et de sperme séché.

Elle était déjà grande et chevaline, et sa poitrine opulente conjuguée à la certitude que rien ne vaut de gros seins dans un soutif lâche pour réussir un entretien d'embauche de serveuse lui avait fait sauter le pas de porte sans porte (cette dernière avait finalement cédé 1 mois plus tôt, victime du jeu du « je te projète dessus le plus fort possible, et t'as intérêt à te marrer... »).

Ses frères ne remarquèrent d'ailleurs pas tout de suite l'absence de « la grosse pute », petit nom d'autant plus injuste que Madeleine était vierge, virginité miraculeusement préservée à grands coups de pieds-poings-genoux dans les valseuses des 11 catastrophes génétiques...

A 16 ans, elle en faisait vingt et servait quatre demis en 30 secondes, sans faux cols, comme une professionnelle de la brasserie, sourire et décolleté compris.

Toujours vierge et chevaline, elle n'attendait ni même ne souhaitait une rencontre, concentrée qu'elle était sur le prix des boites pour chien (son molosse baveux, un bouffeur de pieds de chaise, un pitbull au doux nom de « chope-le ») et des anti-transpirants efficaces. Quant à la nourriture, le fritier lui faisait des prix et son frigo ne manquait jamais d'un bocal énorme de sauce andalouse.

Son seul héritage familial, c'était le langage... Elle ne pouvait s'en empêcher. Non pas qu'elle jurait comme ses frères, mais elle vitupérait, en perpétuelle colère contre tout, des sourires faux des arabes aux crachats des africains, de la permanente froissée de sa voisine de pallier aux raclages de gorge bruyants du cancéreux terminal d'en bas ; « qu'il crève, d'accord, mais en silence... ».

Et pourtant, nulle colère dans sa voix, au contraire. Une jubilation, des petits orgasmes de franchises de commères qui tiennent aux malheurs des autres plus qu'à la prunelle de leurs yeux, chez elle déjà jaunis.

Et voilà qu'aujourd'hui, jour de son 18ème anniversaire, dans ce bistrot noirci et à l'odeur rance, entraient, l'un après l'autre, en procession menaçante, les 11, endimanchés et rasés de près. Ils flairaient l'eau de Cologne bon marché, cravatés et boutonnés, chaussures vaguement cirées, les lippes non plus fières et arrogantes mais pesantes, si pesantes. La mère était morte, le foie avait déclaré forfait et le cœur avait abdiqué...

Madeleine lâchât ses 4 demis, sortit de son comptoir, s'arrêtât un instant presqu'éternel pour mieux les jauger, et leur demanda poliment : « et qu'est-ce que ces messieurs vont boire ? »



Photo : 3 des 4 demis, sans faux-cols.

(avec l'aimable autorisation de la Jupiler Pro League, photo : Jhonny B. Rooth, Seraing, 2009)

 


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Par frederic kroutchev
Jeudi 7 août 2008

La chaise, pour Robert, c’est sacré…

Il y a un an de cela, un samedi soir de famille sans enfant partis nocer, Marguerite, la tendre de Robert, n’y tenait plus. Elle désirait son homme plus que tout et s’en vint le chevaucher, timide mais décidée, sur la chaise où, quelques instants auparavant, Robert délaçait ses chaussures et reniflait béat ses chaussettes.

L’idée lui était venue le mercredi, patientant sa 17ème dévitalisation dans une salle d’attente vide et triste. Elle avait pris le « Femmes d’aujourd’hui » sur la pile de périodiques, espérant y dégoter une idée de recette pour dimanche, et avait ainsi, et bien hasardeusement, découvert dans un article féérique les bonheurs super sympas de l’amour assis…

Pris de court par cette première, Robert se laissa faire, et l’énergie de Marguerite fit le reste : une chaise pliée et un Robert aux anges, comblé par la nouveauté et prêt, un bon 3 quarts d’heure plus tard, à essayer une autre chaise, plus solide celle là…

Aucune ne fit l’affaire et après ce premier orgasme assis et tonitruant, la chaise ayant cédé post-oula-oula-oula-oulala, aucune de leurs tentatives n’aboutit, chaises fragiles et corps arrondis se mariant difficilement.

Il fallait trouver une solution, Robert s’y employa…

Photo : Robert, Marguerite et ta soeur sont très pensifs (Ag. Boutroulle, Tongrines, 1999)

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